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Bienvenue sur le blog de Benoit Rouy, chiropracteur diplômé du National College of Chiropractic de Chicago et exerçant à Auxerre depuis 1984.

mardi 3 mars 2020

Les nouvelles de la chiro mars 2020

QUE FAIRE APRES L’ECHEC DE L’OPÉRATION DE MA HERNIE DISCALE ?

Le failed back surgery syndrome, littéralement le syndrome de la « chirurgie du dos ratée », existe réellement : il concerne les patients ayant été opérés du dos (la plupart du temps pour une hernie discale), et qui continuent de souffrir après l’opération. 
Bien que cette intervention ne devrait être envisagée qu’en tout dernier recours, chaque année des milliers de français sont opérés d’une hernie discale.  Et malgré le repos, la rééducation, la médication parfois très importante, un grand nombre de patients continuent de souffrir du dos, ou bien développent de nouvelles douleurs dans les années qui suivent ! Il est d’ailleurs courant qu’une hernie recommence à un niveau proche de celui opéré. 
Les causes de l’échec sont mal connues : méconnaissance de la cause première de la douleur avant opération, manque de rééducation, reprise trop précoce du travail ou du sport, surpoids, dégénérescence de la colonne vertébrale après l’opération, remaniements arthrosiques dans les années qui suivent, etc...

Face aux douleurs chroniques, invalidantes, et à l’échec de la plupart des traitements médicamenteux, il est fréquent qu’une deuxième chirurgie soit alors proposée, voire une troisième, bien que le taux de réussite d’une deuxième intervention soit souvent inférieur à la première ! 
Le traitement chiropratique peut être bénéfique, indolore, et non invasif pour les patients souffrant de ce syndrome, et devrait être envisagé avant de considérer une nouvelle opération.

Les manipulations vertébrales réalisées avec un protocole d’exécution rigoureux, pratiquées par les chiropracteurs, sont dans la grande majorité des cas non seulement sûres, mais rapidement et durablement efficaces !
Même devant des douleurs extrêmes, invalidantes ou semblant incurables, il existe des options excluant la chirurgie et les médicaments. 

Depuis de nombreuses années, l’efficacité de la chiropraxie ne cesse d’être démontrée ; et couplée avec un bon plan de traitement, de l’exercice et un mode de vie adaptée, la douleur peut être traitée et réduite, afin de retrouver une vie normale

lundi 27 janvier 2020

Les nouvelles de la Chiro Février 2020

Peut-on soigner l’arthrose vertébrale ?

L’arthrose est une dégénérescence du cartilage articulaire, qui apparait généralement à partir de 60 ans. Le cartilage constitue la pièce essentielle de l'articulation. Il recouvre les extrémités osseuses et constitue une sorte de film protecteur, permettant le glissement des os sans difficulté et sans douleur. Il a également une extraordinaire capacité d'amortissement et de répartition des pressions, ce qui permet une diminution des contraintes mécaniques imposées à l'articulation. Le cartilage, qui ne contient aucun vaisseau sanguin, est nourri par le liquide synovial qui baigne l’articulation.

L’arthrose est un vieillissement « normal », mais chez certaines personnes il se peut qu’elle arrive bien plus tôt, ou qu’elle se développe beaucoup plus rapidement, ceci pour différentes causes : traumatismes articulaires, accidents, sédentarité, surpoids, hérédité, métiers difficiles, …

Chez les plus de 65 ans, l’arthrose la plus fréquente est celle de la colonne vertébrale, touchant les vertèbres et les disques intervertébraux.


Dans la plupart des cas, l’arthrose vertébrale reste longtemps silencieuse... Mais en raison du poids que supportent les articulations du dos, elle finit par s’aggraver d’année en année et peut devenir vraiment invalidante, que ce soit par rapport aux douleurs ou bien aux raideurs qui empêchent de se mouvoir correctement. 
 
Des saillies anormales (ostéophytes ou becs de perroquet) apparaissent et causent une irritation des tissus environnants.  Une rigidité et une perte de la mobilité du dos surviennent, et endommagent d’autres vertèbres alors lourdement sollicitées, ainsi que des tendons, des ligaments et des muscles surchargés de travail.  Les disques intervertébraux, principaux amortisseurs de la colonne vertébrale, commencent à diminuer et peinent à remplir leur rôle…
 
Alors que faire ? 

Si une articulation est arthrosée, qu’elle est déjà abîmée, il est malheureusement impossible de revenir en arrière et de lui rendre son état normal, d’où l’importance de ne pas laisser les choses trop dégénérer et de diagnostiquer l’arthrose à ses débuts !  Mais rassurez-vous, avec une bonne prise en charge, dans la plupart des cas il est tout de même possible de limiter la dégénérescence, et même de récupérer une bonne partie du mouvement.  L’alimentation adaptée, les compléments alimentaires, les cures thermales et la perte de poids, entre autres, ont démontré leur efficacité dans le soulagement de l’arthrose. 

Cependant le plus important reste LE MOUVEMENT : ne pas laisser les articulations se raidir !                     
 Il faut rester actif, avoir une activité adaptée (la marche simple peut suffire), car la sédentarité est à bannir. En effet, c’est grâce au mouvement que le liquide synovial peut se répartir et englober l’articulation, pour protéger le cartilage et nourrir les chondrocytes, qui sont les cellules spécialement conçues pour produire et réparer ce dernier.

Et pour mobiliser le dos efficacement, pour permettre à chaque vertèbre de bouger correctement, les manipulations vertébrales sont très performantes. En prévention, les ajustements chiropratiques réguliers diminuent le risque de développement d’arthrose dans les articulations en favorisant leur amplitude de mouvement. Quand l’arthrose est déjà présente, ils permettent de diminuer les raideurs et les douleurs, et de retrouver une mobilité maximale.

L’arthrose n’est pas une fatalité. C’est un processus naturel et normal passé un certain âge, cependant il est possible de la limiter efficacement, alors prenez soin de votre dos et faites-vous ajuster !


mercredi 8 janvier 2020

Les nouvelles de la Chiro Janvier 2020

QUI TIENT LES RÊNES DE VOTRE SANTÉ ?


Bonne année, bonne santé ! Ce sont les vœux traditionnels qui accompagnent le champagne une fois passé minuit au 31 décembre, ce qui nous donne justement l’occasion de parler de votre santé en ce début d’année, et plus précisément de l’industrie pharmaceutique.

Une étude très récente publiée en novembre 2019 dans le British Medical Journal, démontre l’influence des laboratoires dans les prescriptions des médecins généralistes. Cette hypothèse avait déjà été étayée par l’Organisation Mondiale de la Santé dans un manuel de référence en 2009, et a donc été corroborée par une nouvelle enquête menée entre 2013 et 2016.

Dirigée par des chercheurs de l’université Rennes 1, du CHU de Rennes et de l’INSERM, l’étude repose sur le croisement de deux bases de données.  La première est le portail Transparence Santé, sur lequel doivent être déclarés tous les « liens d’intérêt » des professionnels de santé, et notamment les équipements, repas, frais de transport ou d’hôtel offerts par des entreprises du secteur (laboratoires pharmaceutiques, fabricants de dispositifs médicaux, etc.), à partir d’un montant de 10 euros. Selon cette base, « près de 90 % des médecins généralistes ont déjà reçu au moins un cadeau depuis 2013 », souligne Pierre Frouard, médecin généraliste à Rennes et coordonnateur de l’étude. « C’est la première étude de cette ampleur en France » qui exploite les données de ce portail, souligne Bruno Goupil, premier auteur de l’étude.
La seconde base est le système national des données de santé (SNDS), qui recense consultations, actes médicaux, prescriptions de médicaments et hospitalisations remboursés en conservant l’anonymat des assurés.
Les auteurs ont passé au crible les prescriptions d’un peu plus de 41 000 médecins généralistes travaillant exclusivement en libéral et les ont classés en six groupes, en fonction du montant des avantages perçus au cours de l’année 2016.

Cette enquête démontre que les médecins percevant des « avantages » des laboratoires pharmaceutiques, ont tendance à faire des prescriptions « plus chères et de moindre qualité ». Les médecins généralistes qui n’auraient absolument aucun lien avec les laboratoires pharmaceutiques sont en effet ceux qui rédigent les ordonnances les moins coûteuses, et prescrivent plus de médicaments génériques, révèle l'étude. Ils prescrivent également moins de médicaments déconseillés par l’Assurance maladie, comme les somnifères ou les calmants.
Le médecin Pierre Frouard souligne que cette étude "ne peut pas démontrer de lien de cause à effet directement. Il ne s’agit pas de dire que c’est de la corruption, mais de s’interroger sur un milieu culturellement très favorable aux médicaments, quitte à négliger les effets indésirables », expliquet-il. D’autres éléments extérieurs pourraient aussi entrer en jeu : en prescrivant certains médicaments plus que d’autres, les médecins généralistes réaliseraient, sans forcément le vouloir, un acte de gratitude envers les laboratoires, une sorte de réciprocité inconsciente.

Alors, où se situent les limites de l’influence des laboratoires dans les choix de santé publique ?    La question mérite d’être posée...


Source : Association between gifts from pharmaceutical companies to French general practitioners and their drug prescribing patterns in 2016: retrospective study using the French Transparency in Healthcare and National Health Data System databases.                                                                   



Vous garder en bonne santé n’est malheureusement pas la priorité de tout le monde, même des institutions dont ce devrait être le but, alors prenez soin de vous !

Nous vous souhaitons une très belle année 2020 en pleine santé !

Les nouvelles de la Chiro décembre 2019

ET SI VOTRE GRAND-MERE AVAIT RAISON ?

Qui n’a jamais entendu un de ses parent ou grands-parents se plaindre du mauvais temps et d’une vieille douleur récidivante ?  Il semblerait bien que la corrélation entre douleur et mauvais temps ne soit pas une légende urbaine, et c’est la bonne période de l’année pour en parler !  

C’est en tout cas ce qu’invitent à penser les résultats d’une étude conduite par des chercheurs de l’Université de Manchester, financée par l’association caritative Versus Arthritis. 
Ils ont exploré l’effet des conditions atmosphériques sur des patients présentant des douleurs chroniques : cette étude a été menée en 2016 et a regroupé plus de 13 000 personnes en GrandeBretagne, souffrant d’arthrite, fibromyalgie, migraines ou douleurs neuropathiques. En utilisant une application sur smartphone spécialement dédiée à l’étude, les participants ont noté leurs symptômes tous les jours, pendant 6 mois, tandis que les données météorologiques étaient recueillies par GPS selon la localisation de chacun. 

Les participants notaient beaucoup plus de douleur les douleurs humides que les jours secs, ainsi que les jours très venteux, ou avec une pression atmosphérique plus basse. Cependant malgré ce qu’on a tendance à penser, la température n’influerait pas. 

On sait bien que le temps influence l’humeur, et l’humeur peut jouer sur les douleurs, mais même en prenant en compte l’humeur des patients, cette association entre le temps et les douleurs persiste !  

Finalement, le facteur d’aggravation le plus important sur les douleurs serait l’humidité, et les personnes souffrant de douleurs chroniques ont 20% de chance de plus d’avoir des douleurs lorsque le temps est humide, venteux avec une pression atmosphérique basse !
Néanmoins malgré les recherches qui s’étoffent sur cette relation temps/douleurs, il n’y a pas encore de consensus scientifique sur la cause de ce phénomène...


Source : Dixon, W.G., Beukenhorst, A.L., Yimer, B.B. et al. How the weather affects the pain of citizen scientists using a smartphone app. npj Digit. Med. 2, 105 (2019) https://doi.org/10.1038/s41746-019-01803 / https://www.nature.com/articles/s41746-019-0180-3
 
En conclusion, faites attention à vous en cette période humide de l’année, et ne négligez pas l’entretien régulier de votre colonne vertébrale pour terminer l’année en pleine forme !



 

jeudi 7 novembre 2019

Les nouvelles de la chiro novembre 2019

UN ANTI-DEPRESSEUR QUI NE COMBATTRAIT PAS LA DEPRESSION ?


Un Français sur quatre consomme des psychotropes. 150 millions de boîtes d’anxiolytiques, antidépresseurs et autres somnifères sont ainsi prescrits chaque année. Parmi eux, la classe des inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (les ISRS, dont fait partie la sertraline) représente une importante part du marché.                                                                                                             La sertraline, molécule de l’antidépresseur connu Zoloft®, se retrouve ainsi de plus en plus souvent prescrite en première intention dans le traitement de la dépression et de l’anxiété sociale, parallèlement ou non à une psychothérapie.
En févier 2018, une méta-analyse tentait de mettre fin à toute controverse en clamant que les 21 anti-dépresseurs les plus courants étaient définitivement plus efficaces qu’un placebo dans les traitements à court terme de la dépression majeure chez l’adulte.                                                                        Mais une récente étude britannique sur l’un d’eux, la sertaline, publiée dans The Lancet Psychiatry et menée par des chercheurs de l’University College London, n’irait pas dans ce sens… Selon eux, cet anti-dépresseur n’aurait pas vraiment d’effet sur les symptômes dépressifs, au cours des six à douze premières semaines d’utilisation. 
Cette étude a été conduite dans des cabinets de médecins généralistes anglais, et implique 653 patients dépressifs, âgés de 18 à 74 ans. Ces derniers ont été divisés en deux groupes : le premier a reçu un médicament placebo pendant 12 semaines, tandis que le second a reçu de la sertaline.  Résultat, les symptômes dépressifs étaient 5 % plus faibles après six semaines de traitement pour les patients sous sertraline ce qui n’était, selon les chercheurs, “pas une preuve convaincante” d’un réel
effet de la molécule. Après douze semaines, ces symptômes n’étaient réduits que de 13 %, un résultat trop “faible” pour les scientifiques. En revanche, le médicament s’est montré plus efficace dans la réduction de l’anxiété, puisque ces symptômes ont diminué de 21 % au bout de six semaines, et de 23 % après douze semaines.  Les personnes sous sertraline étaient tout de même plus susceptibles d’affirmer qu’elles se sentaient mieux, et que leur santé globale s’était améliorée.
 
Les experts se sont dit surpris par les résultats de l’étude, montrant clairement un effet trop restreint de ce médicament sur les symptômes dépressifs, comme l’abattement ou l’humeur maussade.  Ils insistent néanmoins sur le fait que la sertraline est tout de même efficace pour réduire l’anxiété, et devrait donc continuer à être prescrite par les médecins... “Les antidépresseurs fonctionnent, mais peut-être différemment de ce que nous pensions initialement”, indique le Professeur Glyn Lewis, chef de division à l’UCL Psychiatry, qui a dirigé ces travaux. “Ils semblent d’abord travailler sur les symptômes de l’anxiété, avant d’agir éventuellement, plus tard et plus faiblement, sur la dépression. […] Nous avons définitivement besoin de meilleurs traitements contre la dépression, il faudrait faire plus de recherches dans ce domaine”.

Cette étude, financée par le National Institute for Health Research, est le plus grand essai contrôlé contre placebo d’un antidépresseur, qui n’ait pas été subventionné par l’industrie pharmaceutique.

Par ailleurs, l’homéopathie pour laquelle on manque encore d’études scientifiques, et dont l’efficacité reste donc elle aussi contestée, ne sera plus remboursée... Encore deux poids deux mesures dans le milieu médical ?  



The clinical effectiveness of sertraline in primary care and the role of depression severity and duration (PANDA): a pragmatic, double-blind, placebo-controlled randomised trial
The Lancet Psychiatry, 19 septembre 2019