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Bienvenue sur le blog du Centre Chiropratique Auxerrois

lundi 17 novembre 2014

LETTRE D’INFORMATIONS CHIROPRATIQUES MAI 2014

1. ATTENTION ! LA MANIPULATION VERTEBRALE N’EST PAS UN MASSAGE !


   D.D. Palmer, l’inventeur de la chiropratique, définit l’ajustement (la manipulation chiropratique) ainsi :

     « Un simple geste, que nous appelons un ajustement, exécuté à un endroit très précis de la colonne vertébrale dans le but de replacer une vertèbre déplacée
        
Et il ajoute :
         « Dans cette intention, le « thrust[1] »  doit être appliqué vivement, en évitant d’effectuer une simple poussée progressive. »

         Le but de l’ajustement est donc de bouger, de mobiliser des structures (vertèbres, tendons, ligaments, muscles, nerfs) qui sont le plus souvent ankylosées, fixées, raides et bloquées par le temps et par l’usure (arthrose). Ce n’est donc pas un simple massage, et après chaque ajustement il est fortement déconseillé, pendant au moins 48 h,  sous peine de « reblocage », de :

·        Faire du jardinage ;

·        Aller chez le coiffeur ;

·        Faire du bricolage ;

·        Faire du ménage ;

·        Faire du repassage ;

·        Faire de gros efforts physiques ;

·        Porter des enfants ou des personnes âgées ;

·        Adopter des positions incongrues ;

·        Faire du sport ou de la danse ou de la gym ou du yoga ou de la zumba ;

·        Faire de grosses courses  à base de packs d’eau ou de bouteille de gaz ;

·        Faire de longs voyages en voiture ;

·        Participer à des banquets qui durent des heures assis sans bouger ;

·        Nettoyer sa voiture ;

·        Travailler les bras en l’air, étendre le linge, ou faire les carreaux.

       Bref, pour résumer : après un ajustement, il faut faire TRES attention à ce que l’on fait pendant au moins deux jours !

         Ce n’est pas nouveau : BJ Palmer le disait déjà et l’avait fait inscrire partout dans sa clinique de Davenport !

  2. LES SIX EFFETS MAJEURS DE L'AJUSTEMENT VERTEBRAL:

1.     Une amélioration mécanique de la mobilité[2] de la (ou des) vertèbre(s) ajustée(s) qui, par un réflexe neurologique (stimulation des mécanorécepteurs situés dans l’articulation) apporte également une diminution de la douleur. 

2.     Une relaxation des muscles (en particulier para vertébraux) causée par cette même stimulation des mécanorécepteurs de l’articulation et des muscles.

3.     Une rupture des adhérences articulaires (provoquées par la perte de mobilité plus ou moins ancienne).

4.      Une libération des fragments fibreux de tissu conjonctif pouvant se retrouver « coincées » dans l’articulation[3].

5.     Une stimulation du système nerveux autonome provoquée par la cavitation articulaire et l’amélioration de la mobilité[4].

6.     Une atténuation de la compression et de l’irritation des fibres nerveuses causées par le dysfonctionnement mécanique vertébral (= subluxation).[5]



[1] Thrust : Le thrust est le terme employé pour désigner l’action finale de l’ajustement qui consiste en un geste soudain, rapide, souvent indolore, pouvant donner lieu (mais pas toujours) à un « craquement » (appelé aussi cavitation), et dont la « qualité » d’exécution conditionne l’efficacité de ce même ajustement. 
[2] Ce qu’on appelle également le degré d’amplitude (range of motion)
[3] C’est une des théories pouvant expliquer l’apparition soudaine d’un torticolis ou d’un lombago et son soulagement souvent immédiat par un ajustement chiropratique adéquate.
[4] Irvin Korr, chercheur déjà cité, a démontré dès 1978, dans son livre The Neurologic Mechanisms in Manipulative Therapy, qu’une manipulation, par un mécanisme reflexe du système nerveux  autonome, a une influence directe sur le diamètre des vaisseaux sanguins irriguant les tissus neuromusculaires. 
[5] C’est la théorie de la « compression nerveuse ».

mardi 29 avril 2014

LETTRE D’INFORMATIONS CHIROPRATIQUES AVRIL 2014


Chers patients,

            Je me permets de vous communiquer une toute nouvelle étude portant sur les bénéfices apportés par les manipulations pour les patients qui souffrent de hernies discales lombaires.  

             Pour plus de renseignement, vous pouvez consulter mon livre « LA HERNIE DISCALE LOMBAIRE ET LA CHIROPRATIQUE » aux Editions Multifidus (Amazon.fr et à mon cabinet).

  Amélioration de lombalgie avec hernie discale par manipulation vertébrale



AMELIORATION DES PATIENTS LOMBALGIQUES AVEC HERNIE DISCALE TRAITES PAR MANIPULATIONS VERTEBRALES

 Leemann, S., Peterson, C. K., Schmid, C., Anklin, B., & Humphreys, B. K. (2014). Outcomes of Acute and Chronic Patients With Magnetic Resonance Imaging–Confirmed Symptomatic Lumbar Disc Herniations Receiving High-Velocity, Low-Amplitude, Spinal Manipulative Therapy: A Prospective Observational Cohort Study With One-Year Follow-Up. Journal of Manipulative and Physiological Therapeutics.

OBJECTIFS DE L’ETUDE :

Evaluation sur un an de patients lombalgiques avec hernie discale confirmée par I.R.M., traités par manipulations vertébrales

METHODE 

148 patients, provenant d’un cabinet chiropratique, ont été recrutés dans cette étude prospective de cohorte en respectant les critères d’inclusion suivants : patients de 18 à 65 ans lombalgiques avec ou sans irradiation dans les membres inférieures et présentant une concordance radio-clinique grâce à une IRM montrant une hernie discale lombaire. Après examen neuro-orthopédique, les patients devaient présenter au moins un des éléments suivants : signe de Lasègue diminué, déficit thermo-algésique, myotome(s) déficitaire(s), diminution ou absence du réflexe achilléen.

Les traitements furent réalisés par un chiropracteur par manipulation à haute vélocité et faible amplitude spécifique et adaptée selon le type d’hernie discale objectivée sur l’IRM (hernie paramédiane ou foraminale).

 Les patients présentant des antécédents traumatiques, ostéoporotiques, infectieux, néoplasiques, inflammatoires ou neurologiques graves ont été exclus de l’étude.

 Avant et durant leur traitement, les patients ont été invités à remplir des questionnaires (Oswestry pain and disability Questionnaire, questionnaire iCGI (improved Cl inical Global Impression scale)), et à évaluer leur douleur sur une échelle numérique. Ils furent ensuite interrogés et réévalués deux semaines plus tard, puis à un mois, trois mois, six mois et à un an sur les mêmes modes d’évaluation.

 Les patients ont été classés en deux groupes : lombalgiques aigus (moins d’un mois de douleur) et chroniques (plus de trois mois de douleur).

 RESULTATS DE L’ETUDE

L’étude montre une amélioration significative de tous les éléments évalués (questionnaire et échelle douloureuse) à chaque moment de l’étude (P<0 .0001="" de="" deux="" groupes="" les="" o:p="" patients.="" pour="">

 Sur les 148 patients du départ,

-       Trois patients ont demandé une réorientation vers une prise en charge chirurgicale.

-       Un patient fut réorienté pour une injection épidurale.

-       Onze patients ont montré une récurrence de la symptomatologie entre 6 mois et un an de suivi.

-       Aucune complication au traitement ne fut enregistrée.

 90.5% des patients ont vu leur douleur s’améliorer en trois mois, et 88% en un an.

 Les patients lombalgiques aigus ont noté une amélioration générale jusqu’au troisième mois d’étude puis l’amélioration s’est stabilisée et légèrement réduite en fin d’étude.

 Les patients lombalgiques chroniques ont noté une amélioration générale à six mois (88.6% des patients) puis à un an (89.2%).

 La douleur et le score d’incapacité ont diminué pour les deux groupes au troisième mois avec une stabilisation ensuite. Ces changements étaient plus rapides dans le groupe des lombalgiques aigus.

 CONCLUSION

 Un grand nombre de patients lombalgiques aigus et chroniques présentant une hernie discale sur IRM traités par manipulation ont noté une amélioration clinique.

 A RETENIR :

Une grande proportion de patients lombalgiques présentant une hernie discale médiane ou foraminale visualisée sur I.R.M.ont noté une amélioration clinique significative dès la deuxième semaine de traitement. Le pourcentage de patients ayant noté une amélioration clinique continue à augmenter après le troisième mois et se stabilise ensuite. Plus de 80% de patients lombalgiques chroniques avec hernie discale lombaire qui présentaient des symptômes depuis plus de 3 mois ont déclaré une amélioration clinique à trois mois, six mois et à un an après la mise en place du traitement par manipulations.

 • Aucune complication au traitement n’a été observée dans cette étude.

 DISCUSSION

Cette étude apporte des éléments intéressants concernant la prise en charge chiropratique de patients lombalgiques avec une hernie discale objectivée sur une I.R.M.

Néanmoins, certains éléments modèrent les résultats de cette étude.

 Points faibles de l’étude :

-       Un seul thérapeute a traité ce groupe de patients (pas de double aveugle).

-       Faible concordance radio-clinique.

-       Une R.C.T. aurait été plus appropriée pour évaluer l’efficacité du traitement (absence de randomization, de groupe contrôle,…).

-       Il faut prendre en compte l’amélioration naturelle de la lombalgie aigue en l’absence de traitement.

-       Une étude plus longue serait plus intéressante.

-       Petit échantillon de patients chroniques.

-        Difficultés d’obtenir un groupe de patient représentatif de la population générale.

 

Fabrice Mallard, DC

 

lundi 24 mars 2014

LETTRE D’INFORMATIONS CHIROPRATIQUES MARS 2014


LES MECANISMES DE LA HERNIE DISCALE   LOMBAIRE:

          A la demande générale, je vous expose à nouveau les deux principaux mécanismes d'apparition d'une hernie discale lombaire (HDL), extraits de mon livre: "La Chiropratique et la Hernie Discale Lombaire".

            "D’après les Docteurs Cassidy et Kirkaldy-Willis, au moins 5% des patients qui consultent pour une douleur lombaire souffrent effectivement d’une hernie discale15, et la tranche d’âge la plus concernée semble être celle entre 30 et 40 ans16.

             La définition exacte d’une hernie discale pourrait être :

                                      Une condition pathologique de la colonne vertébrale dans laquelle une déchirure de l’anneau fibreux* d’un disque intervertébral laisse déborder une partie du noyau pulpeux dans le canal rachidien.

                                      La littérature scientifique souscrit à deux mécanismes principaux pouvant provoquer une hernie discale lombaire : le prolapsus subit (ou soudain) et le prolapsus graduel (ou progressif).

a                          Le prolapsus subit survient lorsqu’une charge ou une force* est brusquement imposée au disque tandis que la colonne vertébrale est en flexion. Ce type de hernie se produit fréquemment lors d’accidents du travail, ou de loisir, causés par la levée subite d’un objet lourd. Elle peut survenir chez des sujets jeunes, voire adolescents, dont les disques sont encore en excellent état.
 

                       Le prolapsus graduel survient suite à des charges répétitives ou des efforts prolongés qui fatiguent l’anneau fibreux chez des patients dont la colonne lombaire est déjà fragile ou « usée » ; avec le temps, les lamelles restantes sont insuffisantes pour résister à la tension et à la pression postérieure se produisant lors d’une flexion en charge, et le noyau peut  provoquer une hernie**.  
 

La hernie discale peut être contenue si l’anneau est déformé mais non rompu, on parle alors plutôt d’une protrusion discale, ou non contenue, lorsqu’une partie du noyau traverse complètement l’anneau à son point de rupture.

En 1999, Wilke, un chercheur allemand, a conduit une étude sur la pression réelle subie par un disque lombaire (L4-L5)* lors des diverses activités et postures de la vie quotidienne17. Celles qui occasionnèrent le plus de pression sur le disque furent, dans l’ordre décroissant :

 

a)     Soulever 20 kg plié en deux avec le dos rond (2,30 MPa= méga pascals) ;

b)    Porter 20 kg à bout de bras à 60 cm du thorax;

c)     Porter 20 kg comme on l’apprend dans les « écoles du dos »: avec les jambes et le dos droit.

d)    Porter 20 kg prêt du corps**;

e)     Etre debout plié en deux;

f)      Monter les marches deux par deux;

g)     Jogger avec des chaussures à semelle dure;

h)    Assis plié en deux;

i)       Debout et relaxé;

j)       Allongé sur le dos (0,10 MPa)       

 

     Dans une articulation vertébrale intacte, les ligaments postérieurs* protègent le disque lors de la flexion. Mais les postures prolongées et la rapidité du mouvement influent sur la résistance de ces ligaments, pourtant relativement solides. Ainsi, le maintien d’une posture fléchie pendant 5 minutes diminue la résistance du rachis de 42%, et de 67% si la posture est maintenue pendant 1 heure !

     De plus, les muscles spinaux exercent en se contractant une compression longitudinale sur le rachis lombaire à cause de l’orientation de leur force vers le bas,  tous les mouvements impliquant les muscles spinaux sont donc associés à une augmentation de la pression nucléaire.

          Comme l’a démontré Wilke**, cette pression discale est fortement augmentée si la charge est soulevée en flexion, et elle est encore plus considérable si elle est couplée avec une rotation du rachis.


          A ce propos, il est intéressant de noter la conclusion de l’excellente étude réalisée par les Documents pour le Médecin du travail en France en 199918 :

          « Cette étude a mis en évidence le rôle défavorable des postures de travail dans la survenue des hernies discales lombaires, en particulier les postures impliquant les inclinaisons-rotations  du tronc, et le mode de soulèvement des charges.

La notion d’à-coups et/ou d’élan dans le soulèvement apparaît comme un facteur de risque.

          Les HDL paraissent fortement liées aux antécédents lombaires et au début de vie active à un âge jeune. »


 Comme nous l’avons vu plus haut, Wilke a également observé que la pression intradiscale était, après 7 heures de sommeil, 240% plus élevée qu’avant de se coucher* (passant de 0,10 MPa à 0,24 MPa). C’est une des raisons qui pourrait expliquer l’apparition plus fréquente des hernies discales en début plutôt qu’en fin de journée.

Un autre facteur essentiel de compression des disques est l’action des muscles psoas**, qui, en contraction maximale (comme dans les exercices    d’abdominaux jambes tendues (sit-ups), peuvent exercer une charge compressive sur le disque L5-S1 équivalente à une charge de 100 kg!13
 

       La très grande majorité (95%) des hernies discales lombaires survient aux étages L4-L5 et L5-S1."

                                                                                                                     

MERCI DE VOTRE ATTENTION, UN PATIENT INFORME EST UN PATIENT QUI GUERIT PLUS VITE, C'EST MON OPINION ET MON EXPERIENCE!




* Le plus souvent postéro latéral.
* Un éternuement puissant,  une forte quinte de toux, une chute, sou même... un fou rire, peuvent constituer une force brusque.
** On parle en biomécanique (et en physique) de rupture de fatigue : En effet, après des contraintes répétées, un matériau (en l’occurrence ici, les lamelles de l’annulus ) peut rompre sous une contrainte considérablement moindre que celle requise pour le léser après l’application d’une force unique (un autre exemple : le trombone ou le fil de fer que l’on ne peut casser qu’en le pliant de façon répétée).
 
* En implantant un capteur dans le nucleus pulposus d’un étudiant (volontaire…) en orthopédie.
** Pour le Pr Bogduk, un  spécialiste du rachis lombaire, il n’y aurait pas de différence majeure de pression discale entre le fait de soulever une charge en position « voutée » et en soulevant « avec les jambes et le dos droit » : le véritable facteur critique semble être la distance entre la charge et le corps. Plus la charge est éloignée du thorax, plus les contraintes sur le rachis lombaire et les disques sont importantes.
* En particulier le ligament surépineux médian et le ligament jaune, petit ligament épais qui unit les lames des vertèbres successives.
** Et Nachemson avant lui dès les années 60.
 
* Du  à la réhydratation du disque pendant le sommeil.
**  Psoas : un puissant muscle fléchisseur de la hanche qui émerge de la face antéro-externe du rachis lombaire pour s’insérer sur le petit trochanter du fémur.




15 Cassidy, J. D., Thiel, H. W., Kirkaldy-Willis, W. H. Side Posture Manipulation for Intervertebral Disc Herniation, Journal of Manipulative and Physiological Therapeutics, 16:97-103 ; 1993.
 
17 Wilke HJ, Neef P, Caimi M, Hoogland T, Claes L.  New In Vivo Measurements of Pressures in the Intervertebral Disc in Daily Life. Spine.Volume 24, Number 8, pp 755–762 ; 1999.
 
18 Araszkiewirz G et Coll. Hernies discales lombaires et travail ; Etude de 201 observations/cas témoins.
Documents pour le médecin du travail. N°77 ; 1er trimestre 1999.